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Le mildiou va-t-il encore sévir en 2022 ?

Si en moyenne, le mildiou agit avant l’été, il semblerait qu’il ait joué les prolongations en 2021. La raison ? Les intempéries majeures de l’été dernier.

Les précipitations du mois de juillet 2021 ont été de 30% supérieures à la moyenne. Cette augmentation a créé une forte humidité qui constitue un habitat parfait pour les champignons et maladies.

Marc Tardy, climatologue chez Météo-France, explique que l’humidité est la première étape dans la transmission des champignons. Plus l’humidité est forte autour de la plante, plus le champignon du Mildiou se développe. L’expérience de 2021 a permis de prendre conscience des successions inattendues, soudaines et conséquentes d’épisodes météo défavorables à l’agriculture, notamment en ce qui concerne le mildiou.

Qu’en-est-il de 2022 ? Quelles sont les prévisions et les recommandations de traitement contre le mildiou ? Avant de répondre à cela, revenons sur ce qui provoque le mildiou et donc comment le détecter en amont.

Feuilles de vigne atteintes par le Mildiou
Feuilles de vigne atteintes par le Mildiou

Qu’est-ce qui provoque le mildiou ?

La réponse simple serait : l’eau ! Mais en fait, encore une fois, l’eau doit être associée à d’autres facteurs qui vont aggraver la situation et conduire au développement du mildiou. On peut citer le changement climatique, responsable d’épisodes pluvieux plus fréquents, plus violents et plus longs. Ce qui revient à ajouter l’activité humaine comme cause de développement. Mais pour lutter contre cette cause, individuellement, les agriculteurs ne peuvent pas faire grand chose.

On remarque en revanche que les sols trop travaillés par l’homme sont aujourd’hui de plus en plus imperméables. C’est-à-dire que l’eau a plus de difficultés à s’infiltrer jusque dans les nappes phréatiques. En conséquence, les pluies abondantes ont un impact et augmente l’humidité autour des plantes.

La pluie fait intégralement partie du développement du Mildiou. En effet, le champignon se trouve donc aux pieds des plants dans la terre humidifiés par les précipitations. Cependant, la force des gouttes de pluies qui rebondissent sur le sol projettent le mildiou sur les feuilles des cultures. Le mildiou a donc le champs libre pour infecter son hôte.

Il est possible de prévenir les champignons de manière chimique par des produits phytosanitaires. Cependant, pour des cultures voulant se trouver sous le label bio, cela est impossible. 

À Villers-Écalles, près de Barentin, le maraîcher bio Jim Coureault pense que tout cela est dû au réchauffement climatique. Il a remarqué le gel quelques mois plus tôt qui n’est pas commun (lire notre article sur le gel du mois d’avril 2021), et maintenant les intempéries excessives en juin. Même en mettant une bâche sur ses cultures, l’humidité est présente.

Le constat

Arnaud Descotes, directeur Qualité et Développement durable au Comité Champagne explique que les pertes 2021 sont estimées entre 20 et 25% pour les vignobles ayant été exposées aux pluies continuelles en juin. Ce qui est énorme sachant que l’année récente la plus difficile avait été 2016 avec une perte de 15% environ en viticulture. Cependant, il ajoute que malgré les pertes à cause du mildiou, il n’affecte en aucun cas la qualité du raisin.

Même si pour certains fruits la qualité reste inchangée, ce n’est pas le cas pour tous. Le melon réalise la photosynthèse grâce à ses feuilles. En effet, si ces dernières sont touchées par le mildiou, le fruit perd son taux en sucre et donc en goût.

Afin de garder un œil sur les changements climatiques pour les cultures agricoles, il est important de bien regarder les stations et sondes météo.

Les recommandations de la Note technique commune nationale 2022

Afin de limiter la présence du Mildiou dans nos cultures, il est recommandé d’appliquer différentes mesures prophylactiques : 

  • Enherbement permanent des cultures (spontané ou maîtrisé),
  • Augmentation de la largeur des bandes enherbées pour permettre de limiter la contamination des rangs,
  • Eviter la formation de mouillères en favorisant l’élimination des excès d’eau,
  • Eliminer tous les rejets (prépouces et autres…) car ces derniers représentent un foyer infectieux.

Mais cette Note technique 2022 nous informe aussi sur l’importance de la gestion de la résistance fongique. Afin de combattre cette résistance, la première stratégie concerne la limitation des traitements. Tout d’abord, La note conseille de prioriser toute mesure se substituant à un traitement fongicide et contribuant à diminuer les épidémies fongiques participe à limiter le risque de résistance. 

Il est aussi conseillé d’utiliser la mosaïque spatiale : cette stratégie correspond à l’utilisation de plusieurs modes d’action au même moment, mais dans des parcelles différentes, pour limiter les « effets de masse » et créer une hétérogénéité spatiale de la sélection. 

Enfin, en dernier recours, on nous apprend que l’alternance des modes d’action au sein d’un programme et/ou au fil des saisons permet de casser les cycles de résistance. Cette stratégie consiste à introduire, entre 2 applications d’un même mode d’action, une ou plusieurs applications avec des modes d’actions différents.

Les solutions AgriTech à la rescousse

Une solution d’agriculture de précision comme celle de Brad Technology permet d’anticiper les risques de maladies. Beaucoup plus précis, que la météo locale, la sonde remonte des mesures au sein de la parcelle et analyse celles -ci. Concrètement, la solution :

  • récolte le taux d’humidité dans le sol (plus précis que la météo pour les plantes)
  • Envoie des alertes via l’application mobile en temps réel

L’anticipation des événements grâce à des mesures en temps réel et en parcelle est le nerf de la guerre en agriculture. De fait, savoir en amont que l’humidité constante du sol est en train de préparer le terrain à l’apparition du mildiou permet de lutter contre cette humidité en travaillant le sol différemment. Le cas échéant, les agriculteurs peuvent mettre des traitements préventifs en place, si le travail du sol n’est pas assez efficace pour lutter contre l’humidité et donc contre le mildiou.

Sources :

https://www.vignevin.com/wp-content/uploads/2022/01/Note-technique-commune-vigne-2022-Vdef.pdf – Note technique commune résistances 2002 : Maladies de la vigne : Mildiou, Oïdium, Pourriture grise, Black-Rot – 14 janvier 2022

https://www.lanouvellerepublique.fr/poitiers/vienne-les-agriculteurs-passent-leur-ete-a-combattre-le-mildiou

https://matot-braine.fr/au-sommaire/champagne-in-vino/le-mildiou-attaque-les-vignes-de-maniere-inedite

https://www.paris-normandie.fr/id217746/article/2021-07-30/quest-ce-que-le-mildiou-ce-champignon-qui-ravage-les-tomates-normandes

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/agriculture-quand-le-mildiou-fait-des-ravages_4717811.html

https://theconversation.com/en-france-les-pluies-de-mai-permettront-elles-de-mieux-affronter-la-secheresse-estivale-161482

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